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Accouchement médicalisé : témoignage de ma réussite

Lorsque je me suis initiée aux techniques d’hypnose pour la naissance par le biais du cours offert par Essentiel Naissance©, je n’avais pas envisagé l’utilité de cette approche autrement que dans un contexte d’accouchement naturel. J’étais toutefois ouverte à la péridurale bien que déterminée à n’y avoir recours qu’en dernière instance. Bref, je m’étais bien préparée en m’exerçant à la visualisation et à la détente de manière assez assidue et, à 37 semaines et 4 jours, je croyais avoir encore assez de temps pour faire de moi non pas une experte mais du moins une bonne praticienne de l’autohypnose.

C’est à mon rendez-vous de suivi hebdomadaire que je subis le choc de la désillusion : ma pression artérielle était trop élevée et j’avais un haut taux de protéines dans les urines. Diagnostic : prééclampsie sévère. « Vous ne retournez pas chez vous madame, nous devons vous accoucher ». Je n’ai pas besoin de vous dire que je tombais des nues. Étrangement je m’inquiétai de ma valise qui n’était pas prête, de mon plan de naissance qui n’était pas encore écrit, des postures d’accouchement que je n’avais pas eu le temps de pratiquer… Je sentis la panique cogner à la porte de mon esprit. Des semaines de programmation mentale firent toutefois leur effet : panique égale adrénaline qui égale douleur. Dès lors, je commençai à appliquer les techniques d’autohypnose pour ne pas laisser la peur et la douleur prendre le contrôle. Mon corps était emporté dans le tourbillon des protocoles médicaux : piqûres, branchements, sondes… mais moi j’avais déjà le pied dans mon havre de paix aux allures d’une cascade dans une forêt tropicale. Mon chum arriva enfin auprès de moi. Mon amoureux qui avait pris la peine de télécharger en catastrophe sur mon iPod des heures de musique de détente; mon partenaire qui allait m’aider à protéger ma bulle à travers cette tempête où le mot « naturel » n’avait plus sa place.

Bébé était encore très haut et je n’étais dilatée qu’à 1 cm. « On part de loin… »  nous dit l’obstétricien. Déclenchée artificiellement au Pitocin, on m’avisa que je ne devais pas trop souffrir lors des contractions afin de ne pas faire augmenter davantage ma pression. On me prépara donc à recevoir la péridurale dès que possible mais je savais que repousser cette intervention permettrait à mon bébé de mieux évoluer à travers ce passage forcé. Je voulais vivre mon accouchement, y participer activement. Pendant plusieurs heures, j’appliquai donc l’autohypnose à chaque contraction : je marchai pieds nus sur le sable mouillé par les vagues de la mer; je m’enveloppai d’une couverture anesthésiante; je décontractai mon front, ma mâchoire, mon bassin et mes mains… je réussis ainsi à atteindre 4 centimètres de dilatation avant de me sentir submergée par la force des contractions. Je demandai alors la péridurale, mais ce n’était pas un échec, c’était plutôt une victoire d’avoir pu cheminer jusque là par moi-même.

La rupture artificielle des membranes, les 2 pieds dans les étriers, la ventouse, le cordon coupé avant la fin des battements du cœur, l’impossibilité d’un contact peau à peau, le séjour 24 heures aux soins intensifs loin de mon fils…toutes ces interventions médicales, ces deuils, cette impuissance devant la nécessité. Et pourtant, grâce aux techniques d’Hypnonaissance, lorsque je pense à mon accouchement, j’ai le sentiment de la réussite. Oui, j’ai réussi à m’approprier une partie du processus, à contrôler la peur et la douleur, à créer un environnement empreint de calme en moi et autour de moi malgré tout. C’est ce que j’ai réussi à donner à mon fils pour sa venue au monde le 28 juillet au petit matin. C’est ce qui m’a permis d’être déjà une mère pour mon petit Nicolas.

Véronique Doré Bluteau

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